Loge maçonnique, Franc-Maçonnerie, GLSA, Suisse, Aubonne, Vaud

Systèmes maçonniques

Sociologie des francs-maçons
Placé dès le XVIIIe siècle sous le patronage de membres de la noblesse, l’ordre est considéré, par la classe marchande britannique alors en plein essor, comme un moyen d’ascension sociale. Cela permet à la franc-maçonnerie de s’ouvrir progressivement au reste de la société, comme au reste du monde. Puis, à partir du XIXe siècle, les francs-maçons se recrutent essentiellement dans la classe moyenne, support de l’idéal républicain.

Principaux systèmes
Le concept de hiérarchie n’existe pas en maçonnerie. Les maçons optent pour l’égalité absolue entre frères, et les différentes structures ne servent qu’à une coordination de la pensée maçonnique. Certes, pour la gestion administrative, il existe des fonctions à différents niveaux : un vénérable préside chaque loge, assisté d’un collège d’officiers (orateur, surveillants, secrétaire, trésorier, etc.). L’obédience, présidée par un grand maître, n’est en définitive qu’une fédération de loges, cellules de base en franc-maçonnerie qui réunissent les frères des trois premiers grades (apprentis, compagnons et maîtres). Cette franc-maçonnerie est communément appelée maçonnerie bleue. Il existe aussi des ateliers de perfectionnement qui sont réservés aux hauts grades, différents selon les rites, et nettement plus empreints d’ésotérisme.

Les nombreuses obédiences qui composent la franc-maçonnerie aujourd’hui se reconnaissent globalement dans l’une des deux grandes tendances : la maçonnerie dite «régulière», rattachée à la tradition anglo-saxonne et invoquant le Grand Architecte de l’Univers, et une maçonnerie se réclamant de l’esprit de tolérance des constitutions d’Anderson.

Parmi les nombreux rites maçonniques qui ont vu le jour à partir du XVIIe siècle figurent le rite écossais ancien et accepté (adopté par la Grande Loge de France), le rite français (utilisé par la majorité des loges du Grand Orient de France), le rite d’York, le rite écossais rectifié, etc.

Symboles maçonniques
La franc-maçonnerie apparaît comme une société initiatique puisque, pour devenir membre d’une loge, un individu doit être préalablement accepté puis initié, dans l’observance des secrets, en conformité avec le mythe hiramique — personnage biblique, Hiram de Tyr, architecte, a été engagé par le roi Salomon sur le chantier du Temple et a résisté à la torture sans livrer ses secrets. Le mythe d’Hiram sert également de point de départ d’un calendrier maçonnique utilisant un système de datation de 4'000 ans antérieur au calendrier usuel.

Des symboles servent à la préparation des travaux de réflexion et comme signe de reconnaissance entre ses membres, la maçonnerie restant une société secrète ou discrète selon les périodes. Les outils des constructeurs de cathédrales (équerre, compas, niveau, truelle, etc.) constituent le premier support auquel viennent s’ajouter les formes (triangle, étoile), les nombres (trois, cinq, sept) et les lettres. Des objets sont aussi utilisés pour une reconnaissance interne : des vêtements tels que les tabliers graduels ou des objets comme le maillet, symbole d’autorité, utilisé lors de l’ouverture et de la fermeture des travaux.

Devoirs du franc-maçon
La maçonnerie est, avant tout, une société qui vise à enseigner une philosophie morale à ses membres. En cela, malgré l’observance du secret, le franc-maçon doit subordonner ses obligations fraternelles à ses devoirs envers Dieu (pour les maçonneries se référant au Grand Architecte de l’Univers), à son pays, à sa famille et à l’humanité.

Une réglementation interne aux obédiences et aux loges astreint les maçons à des devoirs envers l’institution autant que le reste de la société dite «profane».

Objectifs
Dans la plupart des pays, le caractère charitable et le principe de fraternité se traduisent par la création de foyers maçonniques pour les maçons âgés ou pour leurs veuves, ainsi que des orphelinats et écoles pour les enfants des membres de l’ordre. Cette fraternité diffère toutefois radicalement d’autres sociétés de bienfaisance privées, car l’aide ou la charité entre membres reste purement volontaire : aucun contrat ou autre forme d’accord ne stipule l’obligation de soutenir financièrement et matériellement un frère dans la détresse. La franc-maçonnerie s’investit aussi dans des causes humanitaires et n’hésite pas à collecter des fonds à l’occasion de grandes catastrophes, comme celle de la mine de Courrières, en 1906.

Mais le travail véritable en loge est une réflexion progressiste, tant pour le maçon lui-même que pour la société dans laquelle il évolue. C’est ainsi que les maçons français ont œuvré, entre autres, pour la laïcisation de l’enseignement, la séparation de l’Église et de l’État (sous le ministère d’Émile Combes), l’extension du vote aux femmes ou l’interruption volontaire de grossesse.